MAXIM : Carrefour des mondes

· Un voyage inspiré par l’esprit théâtral de La Dame de chez Maxim ·

Date
May, 01, 2025
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30 mai – 1 juin 2025

10 rue Caffarelli, 75003, Paris

Vernissage : 30 mai à 19h00
Entrée gratuite

À travers les œuvres de Francesca Quey et Wen lin Wang, le visiteur est invité à traverser des instants décalés de tendresse et d’identité mouvante : là où les mots manquent et où l’image devient théâtre.

Entre le boudoir et le boulevard, entre l’intime et le spectaculaire : nous sommes dans un monde suspendu entre les éclats des identités diffuses et les reflets d’identités mouvantes. Maxim : Carrefour des Mondes esquisse une scène où les gestes et les âmes sont figés dans l’art visuel. Cette exposition prend racine dans l’esprit de La Dame de chez Maxim, de Feydeau. Il ne s’agit pas de revisiter Feydeau ou de recréer une pièce de théâtre, mais de traverser ses ombres en silence.

Étrangers en France, entre nos paroles surgissent souvent des fêlures invisibles. Dans ces interstices naissent des quiproquos, des malentendus ou des ambiguïtés ; nous nous interrogeons sur nos identités dans cette ville, ce pays, ce monde. Qui suis-je ? C’est une question que tout le monde se pose. Les migrants imitent la façon dont les nationaux parlent ; ils miment les comportements qu’ils ont observés dans leur environnement. Tous ces efforts ont pour but de s’intégrer dans une nouvelle société.

Cependant, dans ces efforts d’imitation, dans ces maladresses sincères transparaissent un accent trop prononcé, un geste mal calibré, ou un regard trop appuyé, quelque chose d’inattendu surgit. Bizarrement, ce sont ces petits accidents de la langue, ces décalages de comportement qui deviennent, soudainement, des marques de singularité.

Ah ! ah ! elle est drôle ! […] Elle me va tout à fait, ta femme ! Un petit gavroche ! Elle est charmante, ma nièce ! […]

La Dame de chez Maxim, Acte I, Scène 16

Comme le Général dans cette pièce de Feydeau, qui croit reconnaître sa nièce dans une môme inconnue, le regard porté sur l’Autre se trouble et se transforme : l’erreur devient fascination ;  peut-être, de cela naît la vraie rencontre.

La vie à l’étranger est toujours une grande quête. Nous pleurons et nous nous effondrons sur le chemin où nous essayons de trouver notre « identité ». Alors nous nous demandons si, en imitant, en nous trompant, nous ne pourrions pas aussi nous révéler. Nous cherchons, et dans le même temps, nous surprenons également des signes flottants, des éclats et de plus belles découvertes qui nous donnent des forces pour continuer à avancer.

Maxim : Carrefour des Mondes n’est pas une exposition qui veut montrer les obstacles entre l’individu et son entourage. Au contraire, cette exposition est une mise en scène des fragments, des instants et des intuitions : toutes ces choses discrètes et imperceptibles qui naissent au croisement du regard et du monde.

Aujourd’hui, nos désorientations, nos incertitudes et nos émotions débordent les cadres du langage. Les artistes, Francesca Quey et Wen lin Wang, ici rassemblés convoquent des images où le réel vacille, où les émotions deviennent le souffle, où la peinture devient la tension. À travers ce langage de l’intuition et de l’étrangeté peuvent émerger des interactions passagères d’humanité, qu’elles soient physiques ou spirituelles.

Ici, rien ne cherche à tout dire.

Juste à frôler. À suggérer.

Et peut-être, à faire naître en vous un souvenir que vous ignoriez posséder.

Les Artistes

Francesca QUEY

Francesca Quey est chercheuse post-doctorale en littérature à l’Università di Torino. Elle a soutenu une thèse, une co-tutelle entre l’Université Paris Cité et l’Université de Turin, consacrée à Henri Michaux et Unica Zürn. Spécialiste de la littérature française du XXe siècle, ses travaux portent sur les relations entre Art, Poésie, corps et altérité.

Parallèlement à son parcours universitaire, elle développe une pratique picturale très personnelle, entre abstraction et figuration. Initiée très jeune à l’art abstrait, elle expérimente une peinture gestuelle, intuitive, inspirée par Pollock, Miro ou Klee. Son travail explore la ligne, le fragment, le non-fini, à travers des couches de couleurs mêlant huile, acrylique et pastel. Elle privilégie une approche directe, sans croquis, laissant émerger formes et tensions par superpositions successives.

Ses œuvres, présentées pour la première fois dans un cadre d’une exposition publique, traduisent une recherche plastique libre, traversée par la mémoire du rêve, de l’écriture et des fluctuations du visible.

WenLin WANG

WenLin Wang est une artiste taïwanaise installée à Paris. Diplômée du département d’Art et de Design de l’Université nationale Tsing Hua à Taïwan, elle a poursuivi une formation artistique à l’ESADHAR, l’École Supérieure d’Art et Design de Rouen en 2022-2023. Avant cela, elle avait travaillé comme directrice artistique, conceptrice visuelle et illustratrice dans plusieurs agences de design entre Taipei et Rouen.

Son travail artistique, qui combine la peinture, la gravure, le collage et l’écriture, explore des thèmes liés à la mémoire, au langage visuel et aux interactions entre les individus et leur environnement. Elle accorde une attention particulière à la matérialité du support, au rythme du trait et à la composition fragmentaire.

Depuis 2017, elle a participé à de nombreuses expositions collectives et individuelles en France, à Taïwan et en Estonie, notamment au Salon des Artistes Indépendants à Rouen, à l’AHA Expo, au FangArts Franco-Taïwanais à Paris, et plus récemment à l’exposition « La nature est mon client » à Tallinn. Son exposition « LES MURMURES DE SON ÂME », avec son œuvre éponyme, a été présentée en solo à Rouen en 2023.

Elle vit et travaille actuellement à Paris.

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